Les armuriers, installés à la caserne Vérines, sont les dépositaires de siècles de savoir-faire et, pour certains, les seuls à pratiquer encore aujourd'hui un métier disparu.
En plus des armes modernes fabriquées industriellement, qu'ils doivent savoir réparer à l'occasion, ont en charge la restauration des sabres et des casques.
Les sabres de la Garde sont de trois modèles : 1822 modifié 1882 pour la cavalerie, modèle 1845 pour l'infanterie et modèle 1923 pour les officiers. Si le non-initié y voit surtou une longue lame brandie, chacun comprend en fait un nombre important de pièces ou de parties : dard, cuvette, pointe, tranchant, talon, biseau, soie, gouttière, calotte, monture, coquille, virole, battes, filigrane... sans oublier le fourreau. La lame en acieret, surtout, le fourreau ne sont pas à l'abri des dommages. A l'habileté des armuriers de les fourbir ou de les redresser. La remise en état complète d'un sabre de cavalerie demande entre douze et seize heures de travail.
Pourtant , celui-ci est un modèle de simplicité à côté du casque de cavalerie, qui ne comporte pas moins de 94 pièces, plus les soudures. Leurs noms sonnent tout aussi mystérieusement : cimier , marmouset, écailles, ailerons, olive, rosace, tête de méduse, houpette, plumet, bombe, crinière... S'il existe encore des casques dont la bombe d'origine remonte à 1872 ou à 1876, dont ceux fabriqués par la célèbre maison Godillot, la plupart d'entre euxont été réstaurés ou reconstitués entièrement au fil des ans. De petites entreprises, dont une dans le Jura, confectionnent encore aujourd'huitoutes les pièces en laiton, les bombes, le chromage de celles-ci, neuves ou une fois démontées, débarrassées des points de rouille et débosselées. Le casque est ensuite entièrement monté et fini par un armurier de la Garde.
Les crinières, qui s'usent lentement, snt toutes confectionnéespar l'armurerie. Chacune réclame douze heures d'un travail plein de doigté. N'est-elle pas constituée de 121 pincées de crins naturels, qu'il faut d'abord engager dans autant de trous percés dans un morceau de cuir de peau souple contre-collée ? Une fois tressée, suivant trois branches pour éviter que le crin ne fouettent la figure du cavalier, ceux-ci sont teints en noir pour les escadrons et en rouge pour la fanfare. Fantaisie décorative ? Certes pas, car la crinière, à l'époque où le sort d'une bataille se jouait à coups de sabre, avait pour objet de protéger la nuque du cavalier entre le casque et la cuirasse.
Si huit heures sont nécessaires pour confectionner un cimier à partir de ses cinq plaques, qui doivent être ajustées et soudées à l'étain, la houpette et le marmouset n'exigent que trois heures à eux deux. Mais restent encore les jugulaires, le porte-plumet, les joncs sur le pourtour du casque et sur la visière, le bandeau, la coiffe en buffle blanc et cuir noir. Lorsque le cavalier s'apprête à rendre les honneurs ou à défiler, il coiffe un véritable chef-d'oeuvre d'habileté et de patience.
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Sources : crédit photos : GR-VPC
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