La garde au féminin

01-07-2008

L’intégration de personnel féminin dans les armées a depuis longtemps alimenté de vaines polémiques. Se retranchant tour à tour derrière des contraintes physiologiques ou religieuses, la gente masculine a réussi au cours des siècles passés à écarter les femmes des carrières militaires. Après les aides soignantes de la première guerre mondiale, signe avant-coureur d’un changement de mentalité, les femmes accèdent dès 1940 aux unités combattantes.

Depuis cette période, pratiquement tous les bastions masculins ont cédé. Les femmes font désormais partie intégrante de l’ensemble des formations militaires. La Gendarmerie, quant à elle, a accueilli les premières gendarmes en 1983. Formation toujours à l’avant-garde du progrès, la Garde Républicaine a admis dans ses rangs dès juin 1983 le premier personnel féminin : la musicienne Stagnoli, affectée à l’orchestre. La première sous-officière affectée en unité opérationnelle est la maréchale des logis-chef Viviane Colin, en août 1983. Cependant, en raison de la nécessaire mixité liée aux missions de sécurité et de l’inadaptation des postes de garde, il faut attendre plus de dix ans pour que les premières sous-officières issues des écoles de Gendarmerie puissent être affectées en compagnie de sécurité et d’honneur. Dès lors, elles accèdent à toutes les fonctions au sein des régiments d’infanterie. Dans les deux régiments, elles participent aux formations spéciales (grenadiers de l’empereur et quadrille des baïonnettes) et font désormais partie intégrante des pelotons d’intervention.

 

La garde au féminin

 

En ce qui concerne le dernier régiment monté de l’armée française, les premières sous-officières ont intégré les escadrons à cheval à compter de novembre 1999. Ce régiment s’est aussi distingué en accueillant la première femme officier de la Garde Républicaine (hors orchestres) en octobre 2000.
A ce jour, 172 officières et sous-officières de gendarmerie servent au sein des trois régiments et à l’état-major de la Garde Républicaine : trente-huit au premier régiment d’infanterie, quatre-vingt-seize au deuxième régiment d’infanterie, trente-deux au régiment de cavalerie, une à l’état-major de la Garde. Parmi tous ces personnels féminins, quelques unes se distinguent par l’emploi occupé, trois à la musique de la Garde, une à l’atelier sellerie et une conductrice de véhicules lourds et légers à la compagnie de transport-liaison.

A ces personnels affectés en unités opérationnelles, viennent s’ajouter les officières et sous-officières des formations musicales. Le choeur de l’armée française est dirigé par la commandante (OCTAGN) Tillac. L’orchestre, quant à lui, compte dans ses rangs vingt-sept sous-officières. Le personnel féminin de la Garde n’est pas exclusivement composé d’officiers et de sous-officiers de Gendarmerie. Trente-six personnels du corps de soutien administratif et technique servent à l’état-major et en régiment, du grade de maréchal des logis à celui de lieutenant. Parmi le personnel civil, dix-huit sont des femmes, et le nombre de femmes gendarmes adjoints volontaires - APJA ou emploi particulier - est actuellement de quatre-vingt-douze. Le pourcentage de personnel féminin à la Garde est aujourd’hui proche de 10 %. Les chantiers en cours, notamment le remplacement progressif d’officiers et de sous-officiers de gendarmerie employés dans des missions de soutien par des militaires du corps de soutien et des personnels civils, devraient à moyen terme avoir une incidence positive sur ce ratio.

 

 

 
Sources : crédit photos : GR-VPC




 

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